Cameroun/ Maroua : une balayeuse mécanique face à l’insalubrité généralisée

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© DR À Maroua, la lutte contre l'insalubrité urbaine vient de recevoir un renfort pour le moins symbolique. Une balayeuse pour toute une ville-capitale. En marge de la Semaine nationale de l'Habitat, le ministre Célestine Ketcha Courtès a remis une balayeuse mécanique à la Communauté urbaine de Maroua. L'engin est censé entretenir les principales artères aménagées dans le cadre du Programme C2D urbain capitales régionales, les abords des marchés et les espaces publics. Si l’action gouvernementale s’inscrit dans une stratégie globale d’améliorer l’aspect des villes et préserver la santé des populations, elle se présente comme un arbre qui cache la décharge. Présentée comme un « appui concret », cette dotation interroge par sa modestie face à l'ampleur du défi.
Maroua, ville de près d'un million d'habitants, croule sous les déchets, avec des taux de collecte qui peinent à dépasser 30% dans les grandes agglomérations camerounaises. Une seule machine pourra-t-elle balayer des kilomètres de voiries, des marchés comme celui de Maroua central, où les ordures s'amoncellent quotidiennement, et des quartiers périphériques jamais desservis ? En remettant l’outil, le ministre réaffirme la nouvelle doctrine issue des États généraux de Yaoundé (6-7 mai 2025), « faire des déchets une ressource », avec son vocabulaire d'économie circulaire, compost et valorisation énergétique. Mais le terrain raconte autre chose. Et les interrogations s’enchaînent à propos des infrastructures promises, les plateformes de regroupement, les centres de transfert, les centres de tri de valorisation ou encore le compte d’affectation spécial annoncé. À ce jour dans la capitale régionale de l'Extrême-Nord, la pré-collecte reste informelle et artisanale, et la contractualisation avec les opérateurs présentent…
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